04 décembre 2006

Chapître 6

Ma grand-mère Berthe épousa André Rabou. Ils s’installèrent dans le bourg de Blanquefort où mon grand-père possédait une maisonnette sans confort avec les toilettes près de la rivière au fond du jardin. Ses parents cultivaient une petite exploitation agricole dont ils tiraient au mieux chaque année deux barriques de piquette et un veau élevé sous la mère. L’autosubsistance ne suffisant pas à nourrir la famille,  mon « pépé » est devenu facteur. Il faut préciser qu’il était lettré, ayant obtenu brillamment son certificat d’étude, il avait été reçu 1er du canton à l’age de douze ans.  Mais il aimait trop le vin et c’était incompatible avec la distribution du courrier qu’il mettait chaque jour plus de temps à réaliser. Il perdit rapidement sa place à force de perdre les missives qu’il était censé distribuer. Pendant des décennies, il conserva malgré tout une fonction de garde-champêtre et, muni de son tambour, on l’entendait vociférer le traditionnel : « Avis à la population…». Il buvait beaucoup mais avait le vin gai et chantait alors : « Quand je marche la terre tremble, c’est moi donc qui conduis le soleil ». Cela faisait rire tout le monde, sauf ma grand-mère qui devait supporter ses frasques et son farniente. Je la vois encore, trimant toute la journée derrière ses bœufs pendant les moissons et les fenaisons. Elle cueillait des haricots verts pendant des heures sous un soleil de plomb : « le haricot vert ne peut pas attendre, cueilli demain il sera trop gros et refusé à la conserverie ».Elle ne se plaignant jamais de cette vie  de labeur. Ils eurent trois enfants : Jeannette en 1924, qui devint ma marraine ; Raymonde en 1926, ma mère ; Jeannot en 1933 qui fut surnommé «  Perlou  » par je ne sais quel mystère !

photo_monpazierMonpazier.

Monpazier est une autre merveille, située en  Dordogne à neuf kilomètres de mon lieu de naissance.  Bastide anglaise fondée par la charte de 1284, elle s’intégrait  à l’ensemble des bastides construites sous le règne du roi d’Angleterre Edouard 1er, duc d’Aquitaine, afin de délimiter la « frontière » des terres acquises par les souverains anglais en Périgord face aux comtes de Toulouse représentants de l’autorité capétienne. Au  centre du dispositif géométrique des rues, la place des couverts, au milieu de laquelle s’élève la halle abritant les mesures à grains, révèle le rôle économique du lieu. L’église  située à l’angle de la place n’était plus considérée comme l’édifice majeur. Ce village est reconnu comme un des plus beaux de France. Actuellement la place de Monpazier est entourée de petits commerces et d’artisans d’art qui font le bonheur des multiples touristes (parmi lesquels je me fonds volontiers durant les périodes estivales…)

Posté par mcpasqua à 23:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur Chapître 6

Nouveau commentaire